Les règles du rami chinois
Le rami chinois — aussi appelé rami voleur — est un jeu de cartes de la famille du rami, qui se joue de 2 à 4 joueurs avec deux jeux de 52 cartes (et, au choix, 4 jokers). Sa grande particularité : on ne se défausse jamais, et une fois sa première pose faite, chacun peut réorganiser librement toute la table pour caser ses cartes — comme au Rummikub, mais avec de vraies cartes.
Ce guide est la règle de référence du rami chinois telle qu’elle est jouée dans Ramio, l’application officielle du jeu. Vous pouvez aussi y jouer avec deux jeux de cartes classiques : tout ce qu’il faut savoir est sur cette page.
Le matériel
- Deux jeux de 52 cartes mélangés ensemble, soit 104 cartes.
- En option, 4 jokers (108 cartes). Le jeu est plus tactique sans jokers, plus spectaculaire avec.
- De quoi noter les points si vous jouez une partie en plusieurs manches.
Le but du jeu
Être le premier à vider entièrement sa main en posant ses cartes sur la table, sous forme de combinaisons valides.
Les combinaisons admises :
- La suite : au moins trois cartes qui se suivent, de la même couleur (7-8-9 de cœur, par exemple). L’As peut se placer avant le 2 (As-2-3) ou après le Roi (Dame-Roi-As), mais la suite ne « tourne » jamais : Roi-As-2 est interdit.
- Le brelan (trois cartes) ou le carré (quatre cartes) de même valeur, de couleurs toutes différentes : deux 9 de pique dans le même brelan, c’est interdit.
La donne
Chaque joueur reçoit 13 cartes. Le reste forme la pioche (le « sabot »), face cachée au centre. On ne retourne aucune carte : il n’y a pas de défausse au rami chinois. Le premier joueur de la première manche est tiré au sort ; ensuite, la main tourne à chaque manche.
Le tour de jeu
À son tour, un joueur :
- Pioche une carte au sabot — c’est obligatoire, à chaque tour, même si l’on s’apprête à poser.
- Pose des combinaisons s’il le veut (et s’il le peut). Poser est toujours facultatif : on peut piocher et passer.
Et c’est tout : on ne se défausse jamais. La main ne diminue qu’en posant. C’est ce qui donne au jeu son tempo particulier : chaque tour sans pose fait grossir la main — et les pénalités potentielles.
La première pose : la tierce franche
Pour avoir le droit de poser, il faut ouvrir avec au moins une tierce franche : trois cartes qui se suivent, de la même couleur, sans joker. Pas de minimum de points (contrairement aux 51 points du rami classique) : la tierce franche est la seule porte d’entrée. On peut poser d’autres combinaisons dans le même tour, la tierce franche en fait partie.
La réorganisation de la table
Une fois sa première pose faite, un joueur peut, pendant son tour, réorganiser librement toute la table : déplacer des cartes d’une combinaison à l’autre, découper une longue suite, emprunter le 4e cœur d’un carré pour allonger sa suite… y compris dans les poses de ses adversaires. Une seule contrainte : à la fin du tour, toute la table doit être valide — chaque combinaison doit être une suite, un brelan ou un carré corrects. Si ce n’est pas le cas, tout revient en place.
C’est le cœur du rami chinois : bien jouer, ce n’est pas seulement poser ses cartes, c’est voir les recompositions que personne d’autre n’a vues.
Le joker
- Le joker remplace n’importe quelle carte, dans une suite comme dans un brelan.
- Une combinaison peut contenir plusieurs jokers, tant qu’il lui reste au moins une vraie carte.
- Un joker posé sur la table peut être déplacé et réutilisé lors des réorganisations, à volonté — mais il reste sur la table : on ne le reprend jamais en main, même en apportant la carte qu’il remplace.
La fin de manche et les points
La manche s’arrête dès qu’un joueur a posé sa dernière carte. Les autres comptent alors les pénalités des cartes qui leur restent en main :
| Cartes | Pénalité |
|---|---|
| 2 à 10 | valeur de la carte |
| Valet, Dame, Roi | 10 |
| As | 11 |
| Joker | 50 |
Si la pioche s’épuise avant qu’un joueur ait fini, la manche s’arrête sans gagnant et chaque joueur compte les pénalités de sa main : celui qui a bien posé est récompensé, celui qui a tout gardé paie.
La partie
Les pénalités s’additionnent de manche en manche. La partie se termine dès qu’un joueur atteint 100 points : le joueur le moins pénalisé gagne la partie.
Variante rapide, la partie simple : une seule manche, le premier à vider sa main gagne. Si la pioche s’épuise, on rejoue la manche.
Rami chinois, rami classique, Rummikub : les différences
Face au rami classique (celui de la défausse et des 51 points) :
- pas de défausse — on pioche, on pose, c’est tout ;
- pas de seuil de 51 points — la tierce franche suffit pour ouvrir ;
- la table est commune et recomposable : on joue autant avec les cartes des autres qu’avec les siennes.
Face au Rummikub (qui appartient à la même famille) :
- des cartes au lieu de tuiles, avec les couleurs et figures classiques ;
- l’ouverture se fait à la tierce franche, pas à 30 points ;
- le joker resté sur la table est réutilisable sans condition ;
- un vrai décompte de pénalités (figures 10, As 11, joker 50), qui fait de chaque carte gardée un risque.
Les amateurs de jeux de cartes reconnaîtront la famille des ramis « de manipulation » (Manipulation Rummy), dont font aussi partie le Machiavelli italien et le Vatikan. Le rami chinois en est la variante française : 13 cartes, tierce franche, jokers à 50 points. Quant au nom ? Le rami descend historiquement du khanhoo, un jeu chinois du XIIe siècle — la boucle est bouclée.
Rami chinois ou rami voleur ?
Deux noms, un seul jeu. Ce jeu est aussi largement connu sous le nom de rami voleur — parce qu’on y « vole » les cartes déjà posées par ses adversaires : emprunter le 4e cœur d’un carré, découper la suite du voisin pour y caser les siennes, c’est tout le sel du jeu. Selon les familles et les régions on dira rami voleur, rami chinois, ou simplement « notre rami » ; les règles de cette page valent pour tous. Ramio est donc aussi l’application du rami voleur.
Jouer au rami chinois en ligne
Ramio est l’application du rami chinois : salons privés entre amis, parties publiques, mode solo contre l’ordinateur (même hors ligne), défis à résoudre façon problèmes d’échecs. Les règles de cette page y sont arbitrées automatiquement — impossible de se tromper, impossible de tricher. Sans publicité, sur Android et bientôt sur iOS.
Contact : ramio.contact@gmail.com